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Oh et puis merde, épouse-moi !



Oyé oyé les amoureux, inconscients bienheureux ou désireux de payer moins d'impôts, si vous aussi vous avez décidé de sauter le pas ou de faire plaisir à mamie qui ne sera pas éternelle, je me ferai un plaisir d'immortaliser vos robes, larmes, alliances, sourires, chapeaux, bouquets volants, voitures anciennes, chaussures douloureuses, jarretière coquine ou tonton bourré au cours de cette journée exceptionnelle à plus d'un titre.







       









       



       



       

Bizarre, vous avez dit bizarre ?



Ci-joint Raphaële Gominet, comédienne (comme finalement 88% de mes copines), dont la qualité de la séance photo est en général proportionnelle au temps que je mets à la maquiller.

Comment vous dire ?

Allez mettre de l'eye liner à une fille qui traduit "ne bouge pas" par "fais le clown", explose de rire du fait de ses propres grimaces sans toutefois les avoir vues, mais imagine néanmoins la tête qu'elle doit avoir en les faisant et donc, forcément, se bidonne. Elle reprend ses esprits, inspire un grand coup, m'invite à réessayer. J'ai à peine le temps de poser la pointe du crayon sur sa paupière que son nez frémit, gigote, puis se tord dans tous les sens pour aboutir à un formidable éternuement qui tsunamise le peu que j'étais parvenue à faire.

Parfois Raphaële peut juste décider de cueillir les fleurs alentours pour se les mettre dans les cheveux, ou de me raconter le dernier jeu de zombi qu'elle doit finir avec son colocataire, le tout pendant que je m'échine à lui appliquer son rouge à lèvres. Elle peut aussi fondre en larmes d'un coup d'un seul : je m'inquiète, soupçonne le drame inavoué, lui demande ce qui la tourmente, quel traumatisme enfoui la taraude, pour qu'elle me réponde entre deux mouchoirs que le mascara, ça pique, c'est nul.

Mieux : quand enfin j'ai fini, quand enfin j'en suis venue à bout, elle part dans la salle de bain, s'examine dans le miroir un temps, puis attrape un coton et débarbouille le tout, parce que, me dit-elle l'air hagard, elle se trouve "bizarre", maquillée.

Autant vous dire qu'il n'y a pas que maquillée qu'elle est bizarre.



          



          



          

Un chat botté d'or



Ma rencontre avec la compagnie On va y arriver date d'il y a... un certain temps, je préfère rester évasive quant à ce détail par pure coquetterie (ou flemme de calculer peut être, choisissez l'option qui vous conviendra). J'étais à l'époque une obscure comédienne et metteur en scène qui se cherchait en vain puisque pas vraiment là. Lazare, Lola, Clovis, Léo et consorts, étaient déjà, à 16 ans, bel et bien présents, avec des ambitions érectiles et des envies de faire des planches et péniches de France les leurs.

Voici donc cette prometteuse et jeune troupe de théâtre scindée aujourd'hui en deux nouvelles compagnies, La Compagnie des Animaux en Paradis et celle de La Jeunesse Aimable, avec à leurs bords respectifs les metteurs en scène historiques d'On Va Y Arriver, Léo Cohen Paperman et Lazare Herson Macarel (petite tradition du double patronyme compliqué nécessitant une attention plus soutenue pour écrire sur eux), sans doute soucieux de voler de leurs propres ailes, de conquérir le monde et de voir en haut de l'affiche en deux fois plus gros que n'importe qui leurs noms s'étaler - j'extrapole, je ne trouve rien dans le dossier de presse à ce sujet.

C'est à la deuxième que nous nous intéresserons aujourd'hui (Léo ne m'ayant POINT ENCORE QUI SAIT convié à immortaliser ses œuvres). Lazare met en scène Le Chat Botté, le conte de Perrault - à ne pas confondre avec Pérot, ça c'est moi - que l'on a tous entendu il y a bien longtemps maintenant, petit rappel : c'est De Carabas que s'appelle le marquis, moi j'avais oublié (les enfants dans le public, eux, connaissaient leur classique).

Une mise en scène vivante, coupée en deux, mariant le froid de la pauvreté à l'or de l'opulence, des acteurs habités, amusés, des costumes qui doivent être une torture à température ambiante, respect donc à ceux qui osent les porter sous des projecteurs, et me voici aussi conquise que cette classe d'école primaire émerveillée sous la pluie des paillettes et des masques qui s'échangent discrètement derrière les tables tournantes.

Mais assez parlé, place aux photos :















Si votre petite nièce, sœur, fille ou voisine chante avec conviction que ça la dépasse, que par conséquent elle a envie de briser la glace puisque qu'elle veut du style mais pas forcément que dans son sweet, contactez vite Lola Lucas, et allez voir le Chat Botté ensemble, ça lui passera peut être l'envie de se coller des extensions violettes (à condition d'éteindre la télé, bien sûr, Lazare n'a pas non plus TOUS les pouvoirs).

Pour plus d'infos sur la pièce et les mots de son géniteur, cliquez ici.
 
 
Copyright © Mallory Pérot : Photographe